Tokyo no gasshō (1931)

Réalisé au début des années 1930 par le maître du genre Yasujiro Ozu, Tokyo Chorus – comme connu à l’international – ne pourrait qu’être classifié dans les diamants du cinéma muet mondial. Mirroir d’une société en malaise, l’oeuvre introduit à ses 72 minutes le pillier de la nation nippone : la famille avec ses membres et leurs relations.

Dans une autre époque abondante d’images et de sons, ce témoignage précieux continue à nous fournir clairement l’esprit de l’ère et nous équipper avec les outils à comprendre le présent.

Zeitgeist 2015

robot : une machine d’ électro-mécanique, guidé par un programme d’ordinateur ou un circuit électronique

cobot : un robot collaboratif destiné à interagir physiquement avec les humains dans un espace de travail partagé

sobot : un robot avec un peu d’humanité

Cynthia Breazeal , la directrice du groupe de robots personnels au MIT, a levé plus de 3 millions de dollars américains  sur le site crowdfunding Indiegogo , puis 25 millions $ en financement via venture capital,  pour mettre Jibo ,  » premier robot social du monde » ,  sur le marché.

Quel est un robot social? Selon John Markoff du New York Times,  » il est un robot avec un peu d’humanité.  » Ainsi, votre Sobot sera prêt à commander de la nourriture lorsque vous n’avez pas envie de cuisiner, raconter à votre enfant des histoires la nuit et savoir si vous préférez cola à bière devant la télé.

Bloomsday 2015

Pour chaque lecteur de James Joyce, le 16 juin est un jour sacré. Monsieur Bloom plonge dans un Dublin, tableau parfois obscure, pour tomber amoureux de Molly. Le grand livre de la littérature mondiale est abondant de métaphores avec Ulysses d’Homère et mérite une place pas seulement dans notre bibliothèque, mais également dans notre coeur.

Dublin met en valeur son héritage et organise des promenades de lecture d'Ulysses chaque 16 juin. A ne pas manquer!
Dublin met en valeur son héritage et organise des promenades de lecture d’Ulysses chaque 16 juin. A ne pas manquer!
Grâce à James Joyce, on pourrait re-construire Dublin au moindre détail, basés à ses récits extraordinaires.
Grâce à James Joyce, on pourrait re-construire Dublin au moindre détail, basés à ses récits extraordinaires.
Singe public dans les rues de Dublin CC Christoforos Pavlakis
Signe public dans les rues de Dublin CC Christoforos Pavlakis

Journée mondiale du Livre 2015

Les Libres échanges participent aujourd’hui à la célébration de la Journée mondiale du Livre et des Droits d’Auteur en vous proposant Federico Pistono.

L’italien Pistono serait parfaitement à l’aise à l’époque de la Renaissance : des études universitaires en science et technologie à l’ancienne ville de Vérone avant de devenir un spécialiste dans le domaine de l’intelligence artificielle (plus précisément au « Machine Learning ») à la faculté ultra-moderne de la Singularity University en Californie. Penseur, entrepreneur social et aspirant cinéaste, il est également l’auteur de Robots Will Steal Your Job, But That’s OK . Bien que le titre sonne comme pure fiction, il en arrivera bientôt le temps. Dans ses interviews, Pistono avoue d’utiliser la fiction comme moyen d’imaginer l’avenir. 

Son deuxième roman, A Tale of Two Futures, raconte l’histoire de deux avenirs très différents, l’un où les choses ont terriblement mal tourné, et l’autre où les choses vont excellent. C’est une façon de répondre à la question répétée par ceux qui ont regardé son TEDxTalkor ou lu son livre sur les Robots – comment l’avenir qu’il venait de décrire ressemblerait? Et la réponse est honnête : tout dépend de l’individu et des décisions prises. Il y a la possibilité que l’avenir sera mieux par rapport à la réalité présente, au delà de l’imagination; ou visiblement pire, une vraie dys-topie qu’aucune science-fiction ne nous a préparé. Selon l’auteur, la différence entre les deux résiderait dans les choix de chacun. La plupart des gens pensent que le monde est trop immense pour lui d’avoir un impact, parce que tout ce que nous faisons n’est qu’une goutte dans l’océan. Mais c’est quoi un océan, sinon une multitude de gouttes?

Bonne lecture ! 

federico_pistono

La femme qui se cachait derrière l’homme de la révolution

En vue des pas de rapprochement entre la Cuba et les Etats- Unis (voir l’Occident), l’attention médiatique internationale redécouvre ce pays dont l’évolution politique est liée à une figure: celle de Fidel Castro. Ce qui n’a pas été donné le même espace pour commentaires était l’annonce de décès d’une cubaine extraordinaire, Natalia Revuelta ou simplement Nat(t)y Revuelta.

Naty Revuelta Clews, décédée à l’âge de 89 ans dans sa villa à Havane, a été considérée la plus belle de sa génération, surtout à l’époque de sa rencontre avec Fidel Castro. Symbole de la bourgeoise cubaine, elle tombe amoureuse du « maximum leader » et offre ses bijoux pour l’aider et ouvrir la voie à la révolution. Elle porte quand même son bébé illégitime.  Rejetée par Castro au moment de son triomphe, elle  reste fidèle à la révolution et voit leur fille  s’enfuir en exil avec des sentiments de mépris vis-à-vis son père.

PAS UNE FEMME FATALE

Naty rencontre Castro se rencontrent dans un événement public à l’Université de La Havane en 1952. A l’époque, elle a 26 ans, et mène une vie confortable, mais peu aventurière, à côté d’un chirurgien (Orlando Fernandez) vingt ans plus âgé d’elle. Sa beauté extraordinaire – des yeux verts, un visage pâle irréprochable-  ne passe pas inaperçue par les Cubains.

La rencontre se fait à la commémoration du massacre d’étudiants cubains par les forces coloniales espagnols en 1871. Un Castro qui, une fois dans la salle magnétise tous les regards, l’approche et lui parle de sa vision pour une Cuba libre. Quant à elle, elle a pris sa décision de rupture avec le régime corrompu de Fulgencio Batista et invite le révolutionnaire Fidel à sa villa, pendant les après midi à l’absence de son époux.

Vite, la villa devient une base de Castro pour organiser son plan d’attaquer  la caserne Moncada à Santiago. Naty  est également militante et y contribue avec ses propres ressources (économies, diamants, saphirs etc).

L’attaque se termine en échec et Castro est imprisoné. Naty ne l’abandonne pas. Au contraire, elle lui écrit sans cesse et lui envoie des livres littéraires. Une fois,  elle remplace la couverture d’une copie du livre de Somerset Maugham par son portrait pour ne pas l’oublier.

« Ecrivez-moi, car je vais craquer sans vos lettres », lui répond dans ses lettres un Castro en perte de moral. Il lui demande quand même d’arrêter de rédiger des lettres à machine pour apprécier son manuscrit, « si délicat, féminin, unique ».

UNE MAUVAISE TOURNURE APRES LA REVOLUTION

Castro est libéré en 1955, et immédiatement, prend divorce de sa première femme. Selon Naty, ils passent quelques mois ensemble d’où il y aura des conséquences après. Le but de renverser Batista toujours dans sa tête, Castro traverse les frontières mexicaines pour mieux s’organiser. Lui ignorant de sa grossesse, Il demande à Naty de le suivre mais elle refuse par peur de sa vie. Leur fille est née en 1956.

Dès lors, elle ne voit pas Castro avant que ses rebelles prennent le contrôle à Havane trois ans plus tard.  Quand il la visite, il rencontre pour la première fois leur enfant, Alina. Dans ses calculs politiques, Naty n’est pas l’idéal compagnon pour lui : son profil bourgeois est incompatible avec l’esprit de la révolution qui est le triomphe des plus démunis.  Toutes attentes différentes pour elle : Elle est rêveuse de devenir la première dame d’un Cuba communiste. Au moment où ce scénario ne va pas se réaliser, elle perd le monde. Castro l’abandonne. Pire, il refuse de reconnaître Alina comme sa fille. (On sait très peu sur les femmes et les bébés de Castro – on lui attribue  au moins sept enfants de trois femmes différentes).

Comme cette mauvaise tournure ne suffisait pas, les visites de Castro  à domicile ont enfin suscité les soupçons du mari de Revuelta, et en 1961, il lui demande divorce pour se déplacer aux États-Unis, avec leur fille aînée, Natalia. En dépit de son rejet par Castro, et la difficulté qu’elle a à vivre dans un pays où il est omniprésent, elle  reste fidèle aux principes de la révolution. Elle s’inscrite dans les brigades de travail, et plus tard va travailler dans des divers ministères. En retour, elle est autorisée à conserver sa villa à Nuevo Vedado, à voyager aux États-Unis pour voir son aînée.

Alina n’apprend pas la vérité qu’à l’âge de 10 ans. Elle avait été donné le nom Fernandez, et quand Castro lui dit qu’elle pourrait utiliser son nom, elle refuse catégoriquement. En 1993, après avoir eu une relation difficile avec sa mère et souffrant de dépression, elle part en Espagne avec un passeport falsifié et portant une perruque. Elle déménage ensuite à Miami, où elle présente une émission de radio critiquant Castro. En 2014, elle rentre finalement à Havane pour la première fois pour visiter sa mère affaiblie.

Naty Revuelta, une fumeur ardente pendant toute sa vie, insistait jusqu’à la fin de sa vie qu’elle ne était pas triste que Castro «  avait mis le projet révolutionnaire devant sa vie personnelle ». Néanmoins, elle avouait, «il m’a fallu de nombreuses années pour le faire sortir de mon cœur « .

 

CC Democratic Underground
Creative Commons Democratic Underground 2015

Le ciel et la terre se mettent d’accord ici

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Depuis longtemps, l’Ouest peint l’image de la Chine assez sombre. Abondent les rapports sur la croissance économique ultra-rapide au détriment de toute protection environnementale. Pareil, quand il s’agit de l’accueil des visiteurs. Les nouveaux arrivés une fois en terre chinoise,  à Pékin ou bien dans d’autres méga-villes, doivent attendre, selon les médias,  à une brume épaisse et des régards étranges des locaux.

Je ne sais pas comment, mais j’ai réussi à éviter tout cela sur mon chemin, lors de ma première visite en Chine. Voyageant en avion, d’abord, à destination de Shanghai et puis, prenant le train à grande vitesse qui m’a gardé dans une bulle d’infrastructure hyper moderne et confortable, avant d’arriver à ma destination.

Et cette destination, en dépit d’être seulement une heure loin de Shanghai, est tout et de rien comme vous imaginez la Chine d’être, en même temps.  À Hangzhou, l’air  et les rues – sont propres. Oui, la ville est accessible à pied. Les arbres fleurissent sur le trottoir. Les gens ne regardent pas de façon indiscrète les étrangers (et on pourrait dire un étranger ici, est un espèce plus rare qu’à Pékin ou Shanghai), et les résidents conduisent dans leur voie. Les habitants de Hangzhou ont un fort sentiment d’appartenance à leur communauté. Ils donnent l’air d’aimer et préserver leur ville.

Bien évident pourquoi, c’est parce que la ville accueille l’héritage naturel le plus célèbre en Chine: le parc Xihu ou comme à l’international le West Lake. Visiteurs devraient y consacrer une pleine journée pour en faire le tour à pied (bien que mes amis locaux prétendent l’avoir fait en deux heures), ou une heure en croisière. Ce parc est enregistré dans la liste d’UNESCO pour les sites de patrimoine mondial et a donné le décor pour des histoires mythiques, des légendes urbaines et inspiré… le billet de banque de RMB1. Il ne faut pas surprendre que touristes, domestiques ou internationaux,  visitent Hangzhou et même si mon groupe a fait la visite « high season », le parc Xihu invite de se glisser dans un état de relaxation, surtout au printemps, lorsque l’ensemble du lac est fleurie.  Hangzhou est parfaitement située pour offrir le meilleur de la nature tout-sage –  montagne à l’ouest, une métropole à l’est qui s’ouvre sur le Pacifique, et un climat doux tout au long de l’année.

Bien que la croissance rapide, devenue un destin pour le pays avec la plus grande population au monde, est visible aux alentours de Hangzhou, Xihu existe comme une ceinture de verdure naturelle pour empêcher l’étalement urbain, et il en sera toujours ainsi une contre- balance. Selon un proverbe attribuée à Marco Polo, mais aussi sur les panneaux avec l’image de Deng Xiaoping – « dans le ciel il ya le paradis, sur terre, Suzhou et Hangzhou ».  Et il n’y a pas de Hangzhou sans Xihu. Peu importe à quelle vitesse la Chine se développe, des signes nous rappellent partout de son importance pour Hangzhou. Si le ciel préserve ses trésors, il en demeure de la Terre à faire de même.

 

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Vivre meilleures vies!

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Oui, il ya plus dans la vie que le bureau et la maison et il est temps de s’investir dans la troisième dimension pour vraiment s’épanouir. Y at-il une troisième dimension à votre vie? J’entends par là un élément de votre vie qui dépasse vos activités au travail ou à la maison. Si vous êtes ambitieux de réussir dans votre carrière, une troisième dimension sera utile. Il peut – et, en effet, à un certain niveau devrait – lier avec vos intérêts soit au travail ou à la maison, mais il peut également être d’une nature sensiblement différente.  Pourquoi avez-vous besoin d’une troisième dimension? Pas tout le monde est motivé de sauver la planète ou donner leur argent aux charités. Même si vous avez travaillé dur toute votre vie, je ne pense pas qu’il y ait une obligation de retourner à la société. Bien sûr, il est remarquable de le faire et je garde ici un moment pour réfléchir à la campagne d’Andrew Forrest de mettre fin à l’esclavage mondial. Pourtant, même si vous ne coule pas du sang philanthropique dans votre corps, vous avez besoin de développer une troisième dimension à votre vie. Chaque carrière réussie ou un chemin accompli est construit sur deux compétences de base : Votre capital humain – vos compétences et de l’expérience – et votre capital social – vos relations avec les autres. Des activités de troisième dimension contribuent positivement à toutes les deux à la fois.  Si vous êtes impliqué dans un organisme de bienfaisance ou un club de sport, il vous permettra de développer des compétences et de l’expérience que vous n’avez pas déjà, et il vous aidera à construire des relations avec d’autres personnes. Condition préalable est de s’assurer que vous vous êtes (a) intéressés par de nouvelles rencontres et (b) les autres se sont intéressés à faire la connaissance de vous. En ce qui concerne le paramètre (a), je espère que le lecteur moyen de ce blog est socialement assez habile pour s’intéresser par à d’autres personnes, sinon, s’il vous plaît apprenez à l’être. Point de stratégie, posez des questions – s’assurer qu’elles sont les bonnes et soyez prêt à l’avance si vous savez que vous allez rencontrer quelqu’un pour la première fois. Montrez un intérêt pour eux, leur entreprise, la carrière, la famille et les loisirs. Si la conversation se ralentit, demandez quelque chose qui va la redémarrer.

Comme l’écrivain américain Dale Carnegie a conseillé: «Pour être intéressant à d’autres personnes, vous devez s’intéresser à eux d’abord. » Pourtant, vous devez vous assurer que vous êtes vous-même intéressant(e). C’est là que des activités de « troisième dimension » aident vraiment. Trouvez quelque chose où vous pouvez vous investir et apporter une contribution significative, et non pas quelque chose secondaire. Et bien vos chances de réussir sont multipliées si vous êtes impliqué dans quelque chose en dehors de la maison et la famille. Lorsque vous êtes assis à côté de quelqu’un d’influent à dîner ou dans un avion, lorsque vous êtes interrogé pour un emploi, ce sera la troisième dimension dans votre vie qui vous aidera à vous distinguer. Si vous faites un travail exotique, ce sera peut-être suffisant (bien que si vous êtes un agent secret, vous n’auriez pas le droit de le mentionner), mais votre emploi ne suffit pas toujours pour attirer l’attention des autres pour longtemps. Cela est particulièrement vrai au début de votre carrière. De même, votre famille peut être un élément clé dans votre vie, mais il n’est pas toujours un sujet adéquat de commencer une conversation. Au contraire, la conversation à propos de votre famille pourrait être carrément ennuyeuse. Pas beaucoup d’hommes d’affaires supérieurs  veulent rester coincés à côté de quelqu’un dont la seule conversation porte sur les limites étroites d’un travail étroit ou si les aliments biologiques pour bébé valent de l’argent supplémentaire.  Donc, comment pouvez-vous trouver une activité de troisième dimension? Si vous n’avez pas d’argent supplémentaire, vous pourriez donner de votre temps. Les personnes qui partent pour un bénévolat aux causes humanitaires, par exemple, savent combien ils sont nécessaires et autour d’une table de dîner, beaucoup de gens seraient fascinés d’entendre ce genre de formation que vous obtenez, la variété des challenges que vous affrontez. Et si vous ne pouvez pas épargner le temps de faire un tel changement, pourquoi ne pas aider avec la finance ou le marketing ou l’un des 1001 choses dont les charités ont besoin de charité?  N’oubliez pas ça : Vos activités de troisième dimension devraient être revues régulièrement, de même que pour vos plans professionnels. Si vous avez travaillé dans une entreprise pour plus de cinq ans, que ce soit le coaching au football dans l’école de vos enfants ou de l’exécution d’une collecte de fonds pour une association de bienfaisance, vous avez probablement atteint l’étape où vous n’avez rien de plus à apprendre de nouveau. Signe qu’il est temps de rechercher le prochain défi de votre carrière. Quelle est votre activité de troisième dimension?

 

Nicolas de Cues et l’histoire de calculer la date de Pâques

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Parmi les figures les plus fascinantes dans l’histoire de Pâques est Nicolas de Cues, un avocat de Trèves et homme de la Renaissance, dont l’ambition a conduit à la position de cardinal sous le Pape Eugène IV, en dépit de ses origines modestes.

Nicholas a construit sa réputation au Conseil de Bâle, qui a débuté ses travaux en 1431 et a continué pour les prochains 18 ans. Il est arrivé dans la ville suisse de faire la plaidoyer pour la cause contestée de l’évêché de Trèves, mais a écrit de l’histoire par sa contribution à boucler un accord dans le conflit sanglant entre Rome et les Hussites. Puis Nicolas se tourna vers un sujet exigeant une grande compétence en droit, mathématiques et sensibilité religieuse: le calendrier. Le récit de John Mann dans La Révolution Gutenberg est révélateur:

 «L’Eglise est profondément préoccupée par le sujet du calendrier en raison de la nécessité de calculer la date de Pâques. Mille ans auparavant, le conseil de Nicée, établissant les règles de pratique chrétienne, avait décrété que Pâques devait tomber le dimanche à la suite de la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps, l’une des deux dates (au printemps et à l’automne) sur laquelle jour et nuit sont de longueur égale. Mais le calendrier de l’époque contenait une erreur. En fait, l’année (365,25 jours) était de 11 minutes et 8 secondes plus longue, qui dans un total de 1000 ans s’élevaient à sept jours. Du coup, le philosophe et scientifique Roger Bacon avait souligné ce point au passé, mais il a été considéré si intraitable comme problème que les autorités papales ont détourné les yeux. Dans son essai De Reparatione Calendarii (Sur la révision du calendrier), présenté au Conseil en 1437, Nicholas a examiné le dossier et a présenté le seul remède possible: d’adopter un nouveau cycle lunaire, et ne pas ajouter dans le calcul de la date une semaine dans le calendrier – il a suggéré la Pentecôte, parce que c’était une fête mobile et ça passerait inaperçu aux yeux du grand public – et puis, comme un dernier point de régler, d’omettre une année bissextile tous les 304 années. Cela aurait à être validé non seulement par les Grecs à Constantinople, qui appartenait à la même religion, mais aussi les Juifs, qui s’oocuperaient de la révision de tous les accords financiers.»

Compte tenu des fractures au sein de l’église à l’époque, aucune décision n’a été prise. La réforme a dû attendre encore 80 ans plus lorsque le pape Grégoire XII a présenté le calendrier  » grégorien « , comme nous le savons aujourd’hui. Pourtant, la structure qui mesure nos années et garantit des indulgences douces pendant le printemps doit une énorme dette à Nicolas de Cues.

 

Journée de la Femme 2015: On est où?

En vue de la rétrospective du phénomène « Björk » au Museum of Modern Arts (MoMA) à New York,  l’artiste islandaise s’est plainte, lors d’une interview, du traitement sexiste d’une part de ses collègues et journalistes hommes, qui lui reconnaissent rarement des  qualités de producteur ou de compositeur de la musique.  Exaspérée du phénomène général dans la société,  elle pense qu’ « il  est  le bon moment pour ouvrir enfin  la boîte de Pandore et  commencer à parler de ces questions (des sexes)».  Dans une autre occasion, Patricia Arquette a porté une plainte similaire, lors de la remise de prix aux Oscars dénonçant les scandaleux décalages salariaux à l’industrie du cinéma.

A l’occasion des célébrations pour la Journée internationale de la Femme prévues pour ce dimanche,  aucun(e) ne doit être surpris(e) : Les chiffres sont décourageants dans le secteur culturel.  A la liste de 100 films les plus rentables de 2014,  seuls 12% des premiers rôles étaient féminins. Que faire ? On peut commencer par financer des scénarios qui déconstruisent des clichés qui accompagnent souvent les caractères féminins. Le simpliste test Bechdel est, en ce point, révélateur de comment on aborde les personnages féminins.

Part de la responsabilité, également, aux séries télévisées populaires, dont l’exemple le plus explicit serait l’américain True Detective , pour contribuer à reproduire de modèles plutôt passives de l’existence féminine. De l’autre côte, xxceptions fortes dans ce tableau morose constituent les héröines de House of Cards et Borgen qui récompensent tout spectateur face à l’égard des représentations stéréotypées de genre. Côté culture pop,  il est plus impératif que jamais d’en sensibiliser et d’en faire le plaidoyer pour la cause d’égalité des sexes.  Voix critiques comme Bjork et Arquette ont une énorme influence, même si la manière de s’exprimer n’est pas toujours la plus élégante

Où sont les frontières?

Pour Lhasa de Sela, la question de frontière était ouverte tout au long de sa vie. D’origine américaine, elle a fait une carrière remarquable à la chanson et la composition. Grandie partiellement aux Etats-Unis et au Méxique, elle a continué à mener une vie nomade après comme adulte, partageant son temps entre la France et le Canada.

Quand elle avait cinq mois, ses parents fascinés par la culture hippie, ont choisi son nom d’un livre homonyme sur le Tibet. A sa jeunesse, Lhasa s’est habituée à des longs voyages traversant les Etats-Unis jusqu’aux frontières méxicaines dans un bus avec sa famille.

Bien qu’elle nous ait quitté très tôt, à l’âge de 37 ans,  battue de cancer, il ne demeure pas moins qu’ elle nous laisse son œuvre autobiographique qui ouvre de pistes de réfléxion sur la notion des frontières.