Jouer les bons citoyens

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Une vertu souvent attribuée à la délibération publique est qu’elle serait en mesure de former de « bons citoyens ». Face au déclin de la participation électorale, au désenchantement à l’égard de la politique partisane, voire à l’apathie grandissante d’une partie du public, la participation au gouvernement – généralement au niveau local – ouvrirait l’esprit et le cœur des citoyens, les inciterait à se tourner vers l’intérêt général et offrirait ainsi un canal alternatif de socialisation politique face au déclin des corps intermédiaires qui assuraient autrefois cette fonction. La démocratie deviendrait ainsi sa propre école, transformant des individus atomisés en citoyens aptes à constituer un public démocratique. Ce discours sur l’éducation par la participation politique a une longue histoire dans la pensée occidentale.

« L’activité civique entraîne les individus à penser en termes publics, en citoyens, et leur statut de citoyens les dote d’un sens utile de la collectivité et de la justice. […] La politique devient sa propre université, la citoyenneté son terrain pratique, et la participation son guide »

Benjamin BarberDémocratie forte.

Cette question connaît aujourd’hui un certain renouveau suite au développement du concept de capital social tel qu’il voit dans la participation associative un moyen de refonder un lien civique en crise et de former une citoyenneté vertueuse.

La délibération, qui en suit par conséquence, aurait pour vertu de transformer les individus, d’orienter leurs préférences et leurs intérêts, voire leur identité, vers le bien commun. Dans la mesure où ce concept précise l’idée d’école de citoyenneté,  c’est la participation politique par la délibération publique qui est à même de transformer les citoyens.

Cette intuition  n’est néanmoins pas restée à l’état spéculatif. Depuis quelques années un nombre croissant d’études empiriques en sciences sociales a cherché à évaluer les effets de la délibération sur les participants.

Les résultats sont à ce jour contrastés et soulignent avant tout le rôle joué par le contexte dans lequel se déroule la délibération. Or, les nouvelles technologies permettent et facilitent de  se concentrer sur « l’entre-deux », sur l’espace d’interaction où les individus discutent, échangent et agissent de concert, et prennent occasionnellement – selon la situation – le rôle de bons citoyens. Selon la situation d’interaction les individus peuvent progressivement modifier leurs arguments et leurs comportements publics, et se tourner vers ce qui est défini collectivement comme l’intérêt général.

Voici, un exemple de cet esprit :

One thought on “Jouer les bons citoyens

  1. It is comforting to read about the importance of citizenship to achieve unimaginable goals as a society. I live in a country where violence gives the headlines worldwide but I am certain that we are more good citizens than bad ones. In such regard, these kind of articles are truly important to understand the importance of using the new technologies as well as the « réseaux sociaux » to create a healthy, safe and dignified environment for every human being in the world.

    Felicitations pour l’initiative!

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